Parole d'experte : le témoignage de Marine Tucker Ferrand

Qui es-tu ?

Je m’appelle Marine Tucker Ferrand, j’ai grandi dans une famille d’hôteliers et d’artisans où la discipline, le sens de l’effort et la hiérarchie font loi. Je fais aussi partie de cette génération Y qui a grandi dans la peur du chômage et de décevoir ses aînés si je ne performais pas sur le plan scolaire.

Bien que bonne élève et dotée de facilités à apprendre, retenir et interpréter ce que mes professeurs me transmettaient, je n’avais pas d’envie particulière de faire de grandes études.

« C’est tellement dommage, tu pourrais aller si loin. »

Voilà le discours que mes professeurs et mes parents me tenaient lorsque j’abandonnais à deux reprises mes études. Pourtant, grâce à des managers bienveillants, à mon expatriation et ma détermination à exceller dans mon métier en me formant, j’atteignais des postes de management à 24ans.

 

Quel est ton parcours ?

J’ai découvert cette passion de transmettre. D’abord maladroitement, comme toute novice qui se respecte. Vouloir à tout prix transmettre des compétences que l’on a acquises et qui nous paraissent si évidentes. Voilà la source de frustration première de tout jeune manager dans le monde de l’emploi.

Après 8 ans et beaucoup de formations sur le sujet, j’ai fini par le comprendre : Mon niveau d’expertise métier était l’objectif de mon équipe. Mon point de départ en tant que manager était leur point d’arrivée.

Théorie du regard pygmalion, renforcement positif, encouragement de l’erreur, j’ai changé mon approche.

 

Comment es-tu devenue formatrice ?

Après tout, il paraît que seuls ceux qui ne font rien ne font pas d’erreurs… Vint ensuite le jour où cela ne suffisait plus. Je voyais que cette méthode fonctionnait sur mon équipe, et je voyais mes paires en détresse face aux leurs.

« Je ne sais plus quoi faire, j’ai tout essayé : être gentil, répéter, me fâcher, récompenser… Ils ne comprennent rien. ».

Qui pouvait les blâmer ? Ils avaient eux-mêmes appris dans un monde de verticalité où discipline rime avec obéissance et déni de soi.

C’est à ce moment que je me suis tournée vers le conseil et la formation professionnelle.

D’abord poussée un petit peu contre mon gré à suivre une formation de formateur, je me suis surprise à me passionner pour cette profession. J’ai découvert dès le premier jour le Code de Déontologie de Philippe Meirieu et ses apprenants. J’ai été témoin du pouvoir d’une andragogie bien pensée sur la montée en compétences.

Aujourd’hui je souhaite faire partie de cette belle aventure. Dans un monde en crise où les dirigeants perdent espoir, les managers souffrent et les collaborateurs cherchent une raison de s’engager. Je vois la formation non plus comme un moyen de favoriser la montée en compétences, mais bien la solution pour sortir triomphant de cette ère de grandes transitions. En développant des techniques pédagogiques adaptées et en permettant à chacun de s’exprimer librement dans un contexte bienveillant, je sais que nous pouvons mettre en place des cercles vertueux en entreprise.

Pour donner à chacun les outils nécessaires afin performer personnellement et professionnellement.